Le Kenya a présenté à Addis-Abeba deux nouvelles plateformes numériques conçues pour faire des ambassades africaines de véritables hubs opérationnels du commerce. L’objectif : accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en facilitant la concrétisation des accords d’investissement et des échanges intra-africains.
Annoncées la semaine dernière, BiasharaLink et Deal House s’inscrivent dans une stratégie de renforcement de la diplomatie économique kényane, avec l’ambition de stimuler davantage le commerce entre pays africains.
L’initiative a été dévoilée en marge du 39ᵉ sommet de l’Union africaine (UA), dans un contexte où les dirigeants du continent appellent de plus en plus à des mécanismes concrets pour rendre la ZLECAf réellement opérationnelle. Nairobi entend ainsi répondre au principal défi actuel : le faible niveau d’exécution des accords commerciaux signés.
Les deux outils ont été développés par Real Sources Africa (RSA), une organisation panafricaine spécialisée dans les infrastructures commerciales. Le Kenya reconnaît RSA comme société nationale de commerce dans le cadre de la ZLECAf. L’idée est de mobiliser le potentiel de plus de 1 000 missions diplomatiques africaines, en les transformant en acteurs directs de facilitation des transactions.
BiasharaLink permettra aux ambassades, exportateurs et investisseurs d’identifier et de structurer des opportunités commerciales en cohérence avec les priorités de la Zone de libre-échange. De son côté, Deal House assurera le suivi opérationnel : validation des opportunités, mise en relation avec des partenaires fiables, accès aux financements et accompagnement jusqu’à la signature des contrats.
« Nous proposons un nouveau modèle de diplomatie économique axé sur des résultats concrets », a déclaré le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi.
RSA rappelle que les missions diplomatiques africaines reçoivent environ 3 500 demandes commerciales chaque mois, mais que moins de 1 % se traduisent par des accords formels, soulignant ainsi l’importance d’un mécanisme plus structuré de suivi et d’exécution.
Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a également insisté sur la nécessité pour l’Afrique de consolider son marché intérieur, dans un contexte mondial marqué par des tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement.
Enfin, l’initiative met un accent particulier sur l’intégration des PME ainsi que des entreprises dirigées par des femmes dans les chaînes de valeur régionales, avec l’ambition de transformer les ambitions d’intégration continentale en transactions réelles, créatrices d’emplois et de croissance.