En 2025, le développement des autoroutes intelligentes en Chine a clairement changé de tempo. Après une première phase dominée par la course aux technologies de pointe et à l’accumulation d’innovations, le secteur est entré dans une dynamique beaucoup plus mature : celle de la mise en œuvre concrète, de l’intégration systémique et de la création de valeur réelle. Pour les acteurs du domaine, le message est clair : l’ère des projets vitrines touche à sa fin, place à l’industrialisation et au déploiement à grande échelle.
- Une évolution plus rationnelle : de la technologie empilée à la valeur créée
Le paysage actuel se structure autour de trois mutations majeures.
D’abord, l’intégration profonde devient le cœur du progrès technologique. Les infrastructures ne se contentent plus d’additionner capteurs, systèmes de communication ou unités de calcul. L’enjeu est désormais de connecter perception, transmission, traitement de données et énergie au sein d’un ensemble cohérent, capable de décisions coordonnées et d’un contrôle efficace. Cette logique se traduit par une évolution de l’architecture, passant d’une simple interaction véhicule-route à un modèle intégré véhicule-route-cloud.
Ensuite, les projets collaboratifs à grande échelle s’imposent comme la nouvelle norme. Les initiatives interprovinciales et les projets couvrant des réseaux entiers se multiplient, avec pour objectif de dépasser la gestion fragmentée des tronçons routiers et les silos de données. Cette approche favorise la mise en place de systèmes de pilotage unifiés, plus efficaces et plus résilients.
Enfin, l’efficacité orientée vers la valeur fait consensus. L’industrie s’éloigne progressivement des équipements coûteux et surdimensionnés pour privilégier des solutions capables de générer un impact mesurable : meilleure fluidité du trafic, réduction des coûts d’exploitation et de maintenance, amélioration de l’expérience des usagers. Les modèles intégrés comme transport + énergie ou transport + économie numérique s’imposent désormais comme des références.
Parallèlement, des innovations de rupture, notamment les grands modèles de langage en intelligence artificielle, redéfinissent l’architecture des systèmes logiciels et des infrastructures numériques. L’année 2026 sera déterminante pour évaluer leur efficacité opérationnelle. Côté matériel, le marché reste très ouvert, avec une grande diversité de solutions, guidées par un principe simple : adapter les choix aux réalités locales et privilégier l’efficacité.
- Des défis structurants : cybersécurité et gouvernance
Cette montée en puissance s’accompagne toutefois de défis majeurs.
Le premier concerne la cybersécurité. À mesure que les réseaux routiers deviennent plus intelligents et interconnectés, les approches traditionnelles de sécurité, souvent cloisonnées et réactives, montrent leurs limites. Le secteur doit désormais construire des mécanismes de défense collaboratifs, appuyés sur l’IA et déployés à l’échelle du réseau, capables d’anticiper les menaces plutôt que de simplement y répondre.
Le second défi touche à l’adaptation des mécanismes de gestion. De nombreux experts estiment que le principal frein au développement des autoroutes intelligentes n’est pas technologique, mais institutionnel. La transformation numérique implique une refonte profonde des processus de gouvernance et des cadres réglementaires. Sans un soutien organisationnel adapté, même les technologies les plus avancées peinent à produire des résultats concrets sur le terrain.
- Vers un approfondissement des usages et de l’écosystème
Dans les deux prochaines années, la trajectoire amorcée en 2025 devrait se renforcer.
Sur le plan technologique, l’intégration entre communications avancées et grands modèles d’IA va s’accélérer, permettant une perception plus fine du réseau routier, une prise de décision plus intelligente et des temps de réponse réduits. Les architectures évolueront vers des modèles en temps réel combinant informatique de périphérie et contrôle local.
Au niveau des applications, les scénarios clés passeront à l’échelle. Le convoiage de camions, par exemple, quittera progressivement le stade expérimental pour une exploitation standardisée. Les gares de péage intelligentes et les systèmes de péage en flux libre transformeront en profondeur les modes de perception des frais. La tendance ira vers des petits scénarios à fort impact, conçus pour répondre à des problématiques opérationnelles très ciblées.
Du côté des entreprises et de l’écosystème, un modèle économique hybride fondé sur des services de base et des services à valeur ajoutée prendra forme, avec une exploitation croissante de la valeur des données. L’ensemble du secteur s’orientera vers un écosystème plus intégré, couvrant toute la chaîne, de la technologie à l’exploitation, en passant par la construction et les services.
En définitive, 2025 s’impose comme une année charnière pour les autoroutes intelligentes en Chine. Elle marque un retour au pragmatisme et à l’essentiel : résoudre des problèmes concrets et générer une valeur mesurable. Malgré les enjeux liés à la cybersécurité et à l’adaptation institutionnelle, le secteur avance vers un objectif commun : renforcer l’efficacité des gestionnaires, enrichir l’expérience des usagers et accroître la rentabilité des exploitants, ouvrant ainsi une nouvelle phase de développement à grande échelle et de haute qualité.
Source : https://www.7its.com/index.php?m=home&c=View&a=index&aid=29891