À Ando Feme, la 4ᵉ édition de la fête traditionnelle Dzotikpeza 2026 n’a pas seulement célébré l’identité et la culture locale. Elle a aussi marqué une avancée décisive vers l’inclusion numérique. À cette occasion, l’Entente des Spécialistes Togolais en Technologies de l’Information et de la Communication (ESTETIC) a procédé au lancement officiel de son initiative baptisée « Internet jusqu’au dernier kilomètre ».
L’objectif : apporter la connectivité aux localités rurales encore peu desservies par les réseaux traditionnels, et ainsi réduire la fracture numérique.
Un projet pilote pour désenclaver les zones rurales
Pensée comme une action concrète de développement, l’initiative vise à offrir un accès Wi-Fi à la communauté d’Ando Feme, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités éducatives, économiques et administratives.
La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de plusieurs autorités administratives et sécuritaires, notamment Francis Ayida, Secrétaire général de la préfecture de l’Avé 1, Mme Guidi Ayawa Meduwodzi, directrice préfectorale de l’Environnement, Dr Katelewena Bayouma du ministère de la Sécurité, ainsi que des représentants de l’ANPC, de la Police nationale et de la Gendarmerie.
Une vision axée sur la souveraineté numérique
Pour Kwaku Agbeko Dogba, président de l’ESTETIC, ce projet illustre la capacité du Togo à mobiliser ses compétences locales pour répondre à ses propres défis.
Selon lui, l’essentiel du travail structurel est désormais accompli. L’association mise sur la solidarité et la mutualisation des moyens pour assurer la durabilité de l’installation. Le projet a été conçu par l’ESTETIC, réalisé techniquement par IDS Technologies et renforcé en bande passante par CAFE Informatique.
Au-delà de la simple connexion, l’ambition est claire : relier les établissements scolaires, former les populations à l’utilisation des services administratifs en ligne notamment via la plateforme nationale service-public.gouv.tg et ouvrir la localité aux opportunités économiques mondiales.
Une expertise 100 % togolaise
Sur le plan technique, le déploiement a été supervisé par Daya Minlekibe, Directeur général d’IDS Technologies et premier vice-président de l’ESTETIC.
Il rappelle que les grands opérateurs privilégient généralement les centres urbains pour des raisons de rentabilité. Dans les zones à faible densité, l’implication de l’État et des organisations professionnelles devient déterminante. L’ESTETIC se positionne ainsi comme un partenaire d’appui au développement numérique sur l’ensemble du territoire.
Le Wi-Fi, nouvel outil d’émancipation locale
Au sein de la communauté, l’initiative suscite un réel enthousiasme. Daniel Yao Tsinyo, membre du comité d’organisation, souligne que l’accès à Internet représente une opportunité majeure pour la jeunesse locale. Selon lui, la technologie constitue aujourd’hui un moteur essentiel de progrès. Offrir un accès au Wi-Fi permettra aux jeunes d’élargir leurs connaissances, d’accéder à des ressources éducatives et de contribuer activement au développement de leur milieu.
De son côté, Mawuena Ayivi, président du comité d’organisation, a insisté sur la dimension collective de la fête. Il compare la communauté à une grande famille ayant la responsabilité de se rassembler pour réfléchir ensemble aux actions susceptibles d’accompagner les efforts de l’État.
Quand tradition et modernité se rencontrent
La symbolique de Dzotikpeza, également appelée « fête du feu », a trouvé cette année une résonance particulière. À Ando Feme, le feu sacré de l’identité culturelle continue de brûler, mais il s’accompagne désormais d’une nouvelle lumière : celle du numérique.
Cette 4ᵉ édition illustre ainsi une double dynamique : préserver l’héritage ancestral tout en ouvrant la communauté aux perspectives offertes par la connectivité mondiale.