Le Togo poursuit activement la mise en place d’une stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, destinée à encadrer l’usage de cette technologie dans la gestion publique. Dans ce cadre, une rencontre de réflexion s’est récemment tenue à Lomé, réunissant des représentants des ministères, des institutions publiques ainsi que des acteurs de la société civile autour du thème : « La démocratie à l’épreuve de l’intelligence artificielle ».
Organisé par le ministère en charge de la justice et des droits humains, ce symposium vise à définir un cadre clair pour l’intégration de l’IA au sein de l’administration togolaise. Les discussions ont mis en lumière les opportunités offertes par ces outils, notamment pour améliorer la qualité et l’efficacité des services publics, tout en soulignant les défis majeurs liés aux biais algorithmiques et à la protection des droits des citoyens.
Pour Oubo M’bo, directeur du renforcement démocratique, l’enjeu est de parvenir à intégrer les technologies émergentes dans l’action publique tout en préservant les principes fondamentaux de la démocratie.
Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs secteurs au Togo explorent déjà des solutions basées sur l’intelligence artificielle afin d’optimiser leurs performances. L’administration publique utilise notamment des outils d’analyse de données, d’automatisation et de gestion numérique des procédures. Le gouvernement souhaite désormais structurer cette évolution pour garantir la transparence des décisions, assurer la qualité des données et maintenir un rôle central de l’humain dans les processus.
Ces travaux s’inscrivent dans la continuité de plusieurs initiatives nationales. Dans le domaine de l’enseignement technique, une politique dédiée à l’intégration de l’IA est actuellement en préparation afin de moderniser les apprentissages. Par ailleurs, dès 2024, le Grand Atelier du Digital avait déjà posé les bases d’une stratégie nationale visant à encadrer l’innovation, renforcer l’écosystème numérique et protéger les données.
La stratégie nationale en cours d’élaboration devrait ainsi proposer des orientations concrètes pour les services publics, encourager la recherche locale et mettre en place un cadre réglementaire adapté aux réalités du pays.